Ma colère
Oh la la, je m’énerve, je me stresse.
J’ai envie de hurler.
J’ai envie d’expulser cette haine.
Mon corps se tend- Mes mâchoires s’entrechoquent.
Mes fesses battent le rythme de reggaeton sur ma chaise en bois.
Mon poing frappe sur la table.
Je serre mon stylo bic de toutes mes formes.
Mon écriture est cisaillée, tel les lèvres d’un sécateur acéré, prêt à déchiqueter mon ressenti de colère.
Je suis enivré de haine contre ceux qui m’on fait souffrir.
Encore mon poing frappe violemment sur la table. J’ai envie de déchirer mes habits, de m’arracher les cheveux.
Je me sens envahir par un sentiment exacerbé de rage et de fureur. Telle la tornade qui s’engouffre dans un lagon paisible. Ma main frotte mon front, je la sens contre mes tempes, proche de l’instant ou je le ferai exploser.
Grâce à cette magnifique carapace verdâtre que j’ai conçue, je ne sentirais même pas la douleur lorsque mes os rompront sous la pression. Mes eux sont exacerbés. Ma main gauche parcourt mon cuir chevelu d’avant en arrière, de gauche à droite.
La musique entretien ce sentiment terrible.
J’ai envie de me faire du mal.
J’ai envie de péter un câble.
Je ne peux plus continuer à soutenir cette colère.
Je perds un instant conscience, ivre de rage, saoulé par la haine.
Je laisse tomber lourdement ma tête sur la table…
L’envie me prend de recommencer, mais je ne le fait pas.
Au lieu de cela, je prends une longue inspiration et relâche mon corps.
Je m’allonge et j’imagine une colère dont je suis le seul capable.
Alors je retrouve l’apaisement. Je retrouve mon calme. Je peux baisser le volume de ma petite chaine hifi portable qui hurle à mes côtés.
J’e m’assoie lentement et je prends conscience avec une certaine fierté que j’ai su dominer ce sentiment troublant qu’est la colère.
Ma colère.
