Slam | ‘Chuis plus sur Facebook

Ça y est ! Je l’ai fait…
Enfin… je l’ai défait…
Enfin… je l’ai effacé…
Ou plutôt d’abord désactivé…
Et enfin supprimé…

Ça y est ! Je l’ai fait…
‘Chuis plus sur Facebook !

Sur Facebook un jour… ou une nuit…
Ouais enfin on sait plus parce-que sur Facebook il fait jamais nuit.
Non il fait toujours bleu et blanc mais jamais nuit.

Donc je disais sur Facebook un jour… ou une nuit…
Je ai rejoint le groupe : « J’ai une centaine d’amis sur Facebook mais je mange toujours tout seul à la cantine ».
Pis là je me suis mis à penser…
(Ben quoi, oui j’étais sur Facebook mais ça empêche pas « complètement » de penser)
Donc, je pensais que comme les 354 autres membres de ce groupe, y a un truc qui colle pas avec ma réalité.

Avant, j’entendais tout, je voyais tout, je savais tout. J’avais un compte Facebook.
Je savais le prénom du fils de mon pote avant même que sa Grand-mère sache qu’il était né.

Ca y est ! Je l’ai fait…
‘Chuis plus sur Facebook.

Purée, mais je l’ai même pas écrit sur mon mur…
Ah mais non, ‘chuis plus sur Facebook, j’ai plus d’mur.
Pis si j’me met à écrire sur mon mur, à la maison mon fils va plus rien comprendre.
Je l’ai tellement grondé après qu’il ait dessiné sur son mur de sa chambre…

Et mes amis ?… Bien sûr tous mes amis sont sur Facebook…
Mais à force de se dire tout et n’importe quoi sur Facebook
Quand on se voit pour manger, on a plus de sujet de conversation en dehors de c’qu’on a lu sur Facebook.

Bien sûr tout mes amis sont sur Facebook.
Mais ma mère est sur Facebook.
Mes ex sont sur Facebook.
Mon patron est sur Facebook.
Ce mec que je peux pas piffrer qui pue de la gueule est sur Facebook.
L’avocat de mon ex-femme est sur Facebook.
Mais moi ça y est ! Je l’ai fait…
‘Chuis plus sur Facebook.

Et ces amis de l’autre bout du monde ?
Ben sur Facebook je connais des gens d’Argentine, du Chili, de New-York, de Montréal, de Liège, de Bruxelles…
Mais moi ‘chuis jamais allé en Argentine, ni au Chili, ni à New-York, ni à Montréal, ni à Liège, ni à Bruxelles…
Et eux ? Bein ils sont jamais venus à Lausanne.
Alors bon à quoi bon.
‘Chuis plus sur Facebook.

Non ‘chuis plus sur Facebook.
Je sais plus que l’Oncle Joe a gagné 3000 points à Farmville ;
Je sais plus si ma mère est fan de l’Epilady LADY B – Bikini trimmer / shaver.
Je suis plus invité au JungsMusik bei Live Klubbing à Cologne en Allemagne le 23 février 2012 avec 3000 autres inconnus ;
Je suis plus au courant que Grand-Corps-Malade sera en concert exceptionnel le vendredi 11 mai 2012 au Pin Galant de Mérignac dans la Gironde ;
Je ne perds plus mon temps à regarder les photos de vacances de Mireille ou Mathieu en Andalousie en septembre 1996 ;

Non je sais plus tout ça.
‘Chuis plus sur Facebook.

Maintenant, si je veux changer ma photo de profil, je dois aller chez le chirurgien esthétique ;
Maintenant, j’ai plus besoin de me préoccuper de gérer mes règles de confidentialité qui changent toute seules et contre toute éthique ;
Maintenant, j’ai vu qu’on peut aussi jouer en Poker ailleurs que sur Facebook ;
Maintenant, j’ai vu qu’on peut aussi écouter de la bonne musique ailleurs que sur Facebook ;

Maintenant ‘chuis plus sur Facebook.

J’ai supprimé mon compte.
Mais Facebook ils sont sympa et ils font de la prévention contre le suicide.
Ben oui, au cas où je me serais rendu compte que ma vie sur Facebook était plus importante et pour m’éviter d’y mettre fin…
A la vraie vie, enfin…
Celle d’avant enfin…
Celle sans Facebook
Pas la virtuelle
pas celle d’après
pas celle avec Facebook.

Donc pour éviter de me suicider dans la vraie vie, Facebook me donnait 14 jours pour ressusciter mon compte Facebook.

Mais en fait, aucun de mes amis ne m’a dit au-revoir sur Facebook.
Personne s’est soucié de ce que j’allais devenir en quittant Facebook.

‘Chuis plus sur Facebook.
‘Chuis plus éternel.
Car si t’es sur Facebook, quand tu meurs, t’es toujours sur Facebook.
Mais dans la vraie vie, si tu meurs, ben t’es mort. Mais t’es mort sans Facebook.

Slam | Oui!

Depuis qu’elle m’a dit oui,
oui est mon mot favori.

La première fois qu’elle m’a dit oui
en fait elle n’a rien dit.

Non elle a rien dit mais pourtant…
Ses lèvres on bougé mais seulement…
Ce n’était pas pour parler.
Non c’e n’était pas pour parler.

Je l’ai embrassée et…
Elle m’a rendu mon baiser.
Elle m’a donné son baiser plein de oui.
Elle m’a dit oui en baiser.

Depuis qu’elle m’a dit oui,
oui est mon mot favori.

J’aime le oui à toutes les sauces dans toutes les langues.

Da, Yes, Si, Ja, po, shi da, ayo, iva, chi !
Oui, dans toutes les langues, mais surtout dans sa bouche.
Dis moi oui chérie ?

Vous entendez comme c’est beau !?
Vous entendez comme c’est doux !?
Vous entendez bien ce mot ?
Vous entendez ce mot doux ?

Depuis qu’elle m’a dit oui,
oui est mon mot favori.

Il y a un peu plus d’une heure, elle me l’a dit !
Devant vous tous elle m’a dit oui !
Moi aussi je le lui ai dit, mais c’est son oui qui m’éblouit.

Avant de le dire devant l’officier d’état civil
Elle me l’a dit à moi tout seul… en pleine ville.
C’était au mois de décembre dans l’après-midi.
Un jour froid d’hiver, mais sans nuages gris.
Un jour qui a commencé tristement
Une jour qui a commencé durement
Mais qui c’est éclairci, comme par magie
Quand à ma demande en mariage elle a répondu :

OUI.

Depuis qu’elle m’a dit oui,
oui est mon mot favori.
J’en souris, j’en ris, je dis oui à la vie.
Depuis qu’elle ma dit oui, plus rien n’est vraiment gris.

A saute moutons!

NOIR !
Noir c’est noir.

Heu… non pardon.

BLANC !
Je m’en irai courir dans le paradis blanc.

Ouais… enfin ça dépend.

Ne dit-on pas « La nuit tous les moutons sont gris » ?

Le 28 novembre 2010 fût un jour noir.
Et pourtant, je n’ai pas voté en blanc.
J’ai tracés deux croix noires dans deux carrés blancs
Juste sous les NON écrits en noir.

Il y a de quoi être d’humeur noire.
De broyer du mouton noir
De porter le deuil de cette victoire
De l’UDC, cette bête noire,
Ce seigneur du mal vêtu de laine noire.

Je leur jette un regard de mouton noir.
Je rêve de leur coller un œil au beurre noir,
D’en noyer plein dans la mer noire
De les enduire de goudron noir,

De les noircir, d’un noir antique, d’un noir de jais, d’un noir d’ivoire
Et de finalement les recouvrir de plumes blanches.

A ces initiant qui comme neige se croient blancs,
Je leur montre les crocs blancs
Et suis poussé par l’envie de les saigner à blanc.
Mais ne vous faites pas de cheveux blancs.

Je n’userai pas de mon arme blanche.
Tels des corbeaux, ce sont des bêtes noires.
Je préfère marquer ce jour à la craie blanche,
Hisser bien haut pavillon noir
Et me mettre en marche blanche,
Sans violence, mais le regard noir ;
Sans effusions de sang, mais sans colombe blanche,
Pour que blanc et noir restent des non-couleurs, comme en art.

C’était cousu de fil de mouton blanc.
Ils nous mettent dans une merde de mouton noire.
C’est blanc bonnet et bonnet blanc,
y a vraiment d’quoi avoir des idées noires.

Mais si mirlaine lave plus blanc que blanc,
Moi jOoL, je vais se faire lever une marée noire,
Écrire les chroniques de la lune noire,
Et faire sombrer ses racistes aux cols blancs.

C’était l’histoire d’un mouton noir de suie comme la nuit qui s’enfuit.
Le mouton noir qui s’enfuit se sent morose.
Le mouton blanc qui reste, lui, est pris de psychose
Contre l’UDC, il faut s’allier, que l’on soit mouton blanc, noir, jaune ou rose.

TGV

Gare-toi là !
Juste devant la gare.
Gare toi j’tai dit.
Fais gaffe à ce gars là
qui traverse sans crier gare.
Allez. Ciao ! Gare à toi.

Gare au Gorille !

T’as déjà vu un gorille dans une gare ?
Les gorilles sont d’vant les bars
Pour empêcher les mauvais gars
d’entrer jouer les piliers d’bar.

Et de laisser s’écouler, se renverser
leur vie en descendant leur TGV,
Tequila, gin, vodka
Ou comment se torcher à grande vitesse
Et de laisser se profiler leur côté soulard
Accoudés au comptoir,
Jusque très tard le soir.

Dare-dare j’en fais toute une histoire
Une histoire de bar,
D’un bar de gare.

Allez, il se fait tard.
Il faut que j’me barre.
Finis ton TGV, tranquillement.
Moi c’est un autre TGV que j’prend.
Et dans 3 minutes il part.
J’vous laisse, à plus tard.

PILE ou FACE

Il est temps.
Il est temps, de temps en temps,
de tenter sa chance, de lancer une pièce. .

Pourquoi faire face,
alors que les traces
jamais ne s’effacent ?
Pourquoi faire face
à la face cachée de ma face ?

Face à face avec moi-même
j’ai juste envie que tout s’efface
pour ne plus tout prendre en pleine face.

Face à face avec moi-même
je me sen fade, je me sens las…
Cette façade fade me lasse

Pourquoi faire face
à ces horreurs fugaces ?
Tout passe.
Il faudrait que tout passe, que tout s’efface.

S’évader ? En voilà une idée.
Faire volte-face et s’envoler
se retourner, se faufiler.

Mais dite-moi ?
Serait-ce perdre la face
de choisir le côté pile, plutôt que face
A pile ou face ?

Allez, pile ou face ?
PILE

Je pile sur les freins, je prends le temps.
A minuit pile, je fais face à ma pile d’ennui.
Je commence pile à l’heure pour ne plus perdre la face.

Non je vais la semer, l’égarer, la désorienter,
Et après, je rempile, encore et encore.
Je rempile, Je remplis ce vide intérieur.

Et s’ils me clouent au pilori, tant pis.
Ca m’horripile, mais je ferai à nouveau volte-face.
Et je ferai face.

La prochaine fois, à pile ou face, je jouerai face.

Alors, pile ou face ?

Colère Royale

Sur le mont de la colère
je règne en Roi, j’erre.

A force de tourner ces tourments
dans ma tête, la tête me tourne et je mens.
Je me mens pour croire que ces tourments
sont simplement le fruit de mon mental dément.

Sur le mont de la colère
je règne en Roi, j’erre.

A la recherche d’un moyen royal
d’extirper de moi-même cette haine déloyale.
Je réfléchis vaillament sans fléchir.
Je cherche et recherche la flèche
adéquate pour transpercer le fruit,
défraichi, tel Guillaume le fit.

Sur le mont de la colère
je règne en Roi, j’erre.

Tel un despote envers moi-même
sur mon spot à moi seul,
je me malmène, me démène,
me lamente mais ne me démonte pas.

Sous les spots de ma haine
je me combat moi-même.
Je réprime cette colère qui, même
sur son mon ne peut pas s’exprimer.

Mais me voyant ainsi je me dis à moi-même…

A quoi bon être Roi,
si ce n’est pour me donner le droit
d’exprimer à haute voix le royal désarroi
dans lequel je me vois.

Sur le mont de la colère
je règne en Roi, j’erre, et me met en colère.

Le Masque

Ce texte a été écrit à l’occasion de la soirée Slam organisée par le Théâtre Sévelin 36 à Lausanne. Philipe Saire a invité des slameuses et slameurs à venir déclamer leurs textes sur scène à l’issue de son spectacle Lonesome Cowboy.

Un masque tombe avec la nuit.
Abattu, fatigué, il s’enfuit.
Tel un enfant apeuré
Le masque s’effondre dénaturé.

Le masque tombe sur la torpeur d’un être.
Le masque tombe et laisse apparaître
L’inexistence de repères, des limites de cet être,
L’inexistence de limites morales de son père.

Dénué de sens, dénué de genre,
Dénué de but, dénué de raisons,
Mais non sans rage de vivre,
Mais non sans haine de lui.

Errant entre deux sens de vie,
Errant entre deux genres de vie,
Errant entre deux mondes de vie,
Errant entre deux modes de vie,

La vie à la mode masculine,
printemps, été;
La vie à la mode féminine,
Automne, hiver,

Alors que la mode s’affiche, s’exhibe sur les podiums et sous les projecteurs,
Son monde se terre, s’enterre sous la douleurs, la terreur et la peur.

Quel choix? Quel sens? Quel mode? Quel genre? Quel masque?

Comment choisir alors que le moule du masque s’est brisé, qui est mal recolé?
Comment choisir alors que la nature même de sa sexualité est contre-nature?
Comment choisir alors que la souffrance a pris trop tôt la place de la jouissance?

Un masque tombe, s’effile, se distant.
Une ligne se trace, se faufile, s’étend.
Bien vite le masque dur, droit, fort, dressé
Se fend, s’ébranle, se repent
en doutes, en craintes, et en tourments.

Le masque tombe et le mal se dévoile:

Mâle à la source du mal,
Mâle à la source du trouble,
Mâle source de vie,
Mâle voleur de vie,
Mâle fauteur de trouble,
Mâle tout puissant au destin trouble,
Qui a jamais a bousculé
Les frontières de sa masculinité.

Sans être féminin
Ni aimer le masculin,
Mué par des pulsions nées de l’interdit,
Le masque pousse le mal et son fruit.

Il n’est déjà plus Homme
Avant d’avoir eu le temps de devenir Homme.
Masculinité volée avant la puberté,
Ignorée, faute de posséder
Les repères nécessaires à la forger.

Repères volés, père voleur.
Masculinité perdue, père méritant l’émasculation.

Un fœtus,
Un bébé,
Un enfant,
Un garçon,
Un adolescent,
Un jeune-homme,
Un homme,
Un vieillard,
Un cadavre,
Un squelette.

Tel est la trace prédestinée
Du masque de l’identité.

Mais comment faire lorsque du garçon
Il est passé brutalement au cadavre
Sans en comprendre la raison,
Sans perdre la vie pour autant?

Le chemin est alors long
Pour dessiner le bon masque,
Pour faire tenir le bon masque,
Pour accepter le bon masque,
Pour porter le beau masque,

Le masque de son identité,
De sa masculinité.

jOoL

La roue du temps

C’est l’histoire folle de la petite roue du temps.
Elle tourne inexorablement.
Derrière elle s’amassent les grains du sablier brisé de ma vie,
La déchéance graveleuse du passé, sans cesse retournée par mes tourments.

Inlassablement, le vent souffle, sans discontinuer de part les méandres des crevasses de mon âme.
Avec lui s’effile l’espoir diffus d’une vie meilleure.
J’erre seul.
Je divague entre la vie et la mort.
Je me laisse emporter par le tournoiement de la roue du temps, submergé par les dunes de vent du passé, déporté par le ravales de vent du présent.

Ma tête tourne comme une toupille sur mon tronc, enivrée d’angoisses et de craintes nourries par le vide béant de l’inconnu à venir.
J’ai le vertige temporel, la peur du vide spatiotemporel.

Je me sens perdre pied.
Je m’enlise dans les sables mouvants du passé.
Je regarde, impuissant, le présent se dérouler devant moi, et je m’enfonce chaque instant un peu plus sous le poids intolérable du futur.

La petite roue du temps tourne inexorablement à mon triste détriment.

Juste un instant

Un instant de joie
Un instant de bonheur
Un instant hilarant
Un instant heureux
Un instant joyeux
Un instant frivole
Un instant amusant
Un instant coquin
Un instant pétillant
Un instant pré-pubère
Un instant insolite
Un instant rigolo
Un instant picotant
Un instant électrique
Un instant étonnant
Un instant enjoué
Un instant mélodieux
Un instant entraînant
Un instant fascinant
Un instant confortable
Un instant douillet
Un instant enivrant
Un instant subtil
Un instant juteux
Un instant enrichissant
Un instant magique
Un instant lumineux
Un instant de folie
Un instant de génie
Un instant de plaisir
Un instant éternel
Un instant lyrique
Un instant poétique
Un instant d’amour
Un instant romantique
Un instant de paix
Un instant luxueux
Un instant savoureux
Un instant merveilleux
Un instant ensoleillé
Un instant rêveur
Un instant d’évasion
Un instant partagé

Juste un instant

Au coin de la rue

Au coin de la rue je tombe sur un inconnu, nez à nez, face à face avec ce type.

Au coin de la rue il me lance un sourire que j’attrape au vol, de justesse.

Au coin de la rue je lui fait un tour de passe-passe. Un de ces tours qu’on ne peut faire que sur un bout de bitume.

Au coin de la rue, amusé, il me donne un vieux grigri de chez lui, un peu rabougri qui tiendra les mauvais esprits à distance selon lui.

Au coin de la rue deux esprits se rencontrent et les traits d’esprit fusent.

Au coin de la rue je réalise que la chance s’y cache parfois.

Au coin de la rue , d’un côté, j’entends du reggaeton qui lance ses basses par la fenêtre un peu plus haut.

Au coin de la rue , de l’autre côté, sonnent les douces notes d’un jazz éclectique et mécanique.

Au coin de la rue je lève les yeux et prend conscience qu’un petit groupe s’est formé autour de nous.

Au coin de la rue je tombe sur un inconnu, nez à nez, face à face avec ce type.

Au coin de la rue il me lance un sourire que j’attrape au vol, de justesse.

Au coin de la rue je lui fait un tour de passe-passe. Un de ces tours qu’on ne peut faire que sur un bout de bitume.

Au coin de la rue, amusé, il me donne un vieux grigri de chez lui, un peu rabougri qui tiendra les mauvais esprits à distance selon lui.

Au coin de la rue deux esprits se rencontrent et les traits d’esprit fusent.

Au coin de la rue je réalise que la chance s’y cache parfois.

Au coin de la rue , d’un côté, j’entends du reggaeton qui lance ses basses par la fenêtre un peu plus haut.

Au coin de la rue , de l’autre côté, sonnent les douces notes d’un jazz éclectique et mécanique.

Au coin de la rue nous échangeons encore quelques mot dans un patois du coin et nous dispersons au gré du temps.

Au coin de la rue je tombe sur un inconnu, nez à nez, face à face avec ce type.

Au coin de la rue il me lance un sourire que j’attrape au vol, de justesse.

Au coin de la rue je lui fait un tour de passe-passe. Un de ces tours qu’on ne peut faire que sur un bout de bitume.

Au coin de la rue, amusé, il me donne un vieux grigri de chez lui, un peu rabougri qui tiendra les mauvais esprits à distance selon lui.

Au coin de la rue deux esprits se rencontrent et les traits d’esprit fusent.

Au coin de la rue je réalise que la chance s’y cache parfois.

Au coin de la rue , d’un côté, j’entends du reggaeton qui lance ses basses par la fenêtre un peu plus haut.

Au coin de la rue , de l’autre côté, sonnent les douces notes d’un jazz éclectique et mécanique.

Au coin de la rue qui sait ce qui m’y attend.

Allez je tourne le coin.

Ode à la victoire

Douleur torride
Tourment amoureux
Fiente désagrégée d’un sentiment omniprésent
je défèque sur la vie
Trahison enivrante
Mal foison des métiers de l’amour
Désinhibe-toi
Reprends-toi.
je souffre d’aimer.
Je vis de douleurs en souffrance mais droit je reste comme la victoire.
La victoire d’une vie que je mène seul- Seul pour moi et moi seul.
J’affronte les maux entièrement seul.
Je gagnerai, je survivrai.

Désinhibition

Crachin de plaisirs
Fougue d’amertume
Soif sans fin
Vin de lies
Libres envies
Fin d’histoire
Fin d’une vie
Laisse libre cours aux instants
sublimes et infinis
Laisse aller le cours de tes envies
Vis simplement le destin de tes mots
Laisse aller libère l’esprit échevelé
de tes envies d’écriture libre et infinie.
Seule la vie des mots est valable
Seule la foi des mots fait acte de passion

Le temps d’une vie

Comme un fou
Fou d’une substance
Déambule ivre mort.
Désinhibe-toi
Vole, prends ton envol
Survole la vie de tes ailes de plomb
Vis l’envie de substance et achève ta vie.
Comme un fou.
Perds le temps de ta folie.
Vis le temps.
Vis les envies de temps.

Furtivité

C’est l’attaque furtive d’une nouvelle vie.
Elle se déploie au rythme endiablé de la salsa.
Une hirondelle s’enivre de ciel bleu.
Un étrange chevauchement de sentiments envahit la clarté d’un jour sans lendemain.
Juste un jour à la suite d’un autre pour un parti pris.
Un pas qui n’est plus à prendre.
Un risque sans prix,
le prix d’une vie maitrisée
Sans maitrise de la vie.
L’onde cérébrale parcourt chaque instant de vie.
A l’orée du bois, ne prends pas de parti.
L’encouragement nait de la suite d’événements immuables.
L’immobilité momentanée permet des mouvements calculés
Une coccinelle perd son temps au coin du pré
Immuable et impénétrable tempête de bonheur.
Vivre et mourir.
Vivre avant tout, vivre simplement, simplement vivre chaque instant.

Exercice de style

Avec les mots imposés ci-dessous, composer un texte.

Emotion, énergie,
éphémère, mariage, mensonge, oubli, trahison, idéal, obéir, nouveau, nullité

Je me laisse bercer par des émotions éphémères. Je suis en
proie à ma propre trahison. Mon idéal n’allie pas l’idée du mariage réussi
de chacun de mes sentiments.

Dans mon esprit, chaque nouveau mensonge m’emmène plus loin
de mon objectif. Je n’arrive plus alors à m’obéir.

La nullité de mes efforts me saute en plein visage. Je fini
par déployer une énergie surhumaine pour sombrer dans l’oubli à jamais.

Vérité vraie

L’illumination a frappé un jour à ma porte.
Cette petite garce s’est installée.
Elle a pris ses aises, sereinement.
Elle s’est affalée sur le divan.
Je suis resté là, immobile à la regarder.
Je lui ai bondi au cou pour l’attraper.
Le combat fut long et rigoureux.
L’étreinte fut courte et vigoureuse.
Elle m’a ouvert les yeux sur cette vérité.
Cette vérité vraie qui n’existe pas vraiment.
C’est vraiment vrai la vérité.
C’est vrai, ment vrai.
La vérité. Sortira alors de la bouche de l’enfant.
Aussi simplement qu’un enfant dit la vérité,
la vérité sort de la bouche des enfants en vérité.
Sois vrais, frais, soi.
Vrais, frais, sois, vrai.
Frais, sois vrais, frais.

Partir pour quoi

Je ne peux pas m’en aller
Car où je vais, je suis.

Je ne peux pas m’en aller
Car  où je pars je reste.

Je ne peux pas m’en aller
Car où je vais, je pars.

Je ne peux pas m’en aller
Car où je suis, je vais.

Je ne peux pas m’en aller!

Un point c’est tout.
C’est tout un point

Un point de départ
Et un point d’arrivée
D’un point à un autre
D’a0point en appoints je perds mon appui.

Ne pars pas, je reviens
Ne reviens pas je pars.
Je ne peux pas m’en aller
Car où je vais, je suis.

Je ne peux pas m’en aller
Car  où je pars je reste.

Je ne peux pas m’en aller
Car où je vais, je pars.

Je ne peux pas m’en aller
Car où je suis, je vais.

Je ne peux pas m’en aller!

Un point c’est tout.
C’est tout un point

Un point de départ
Et un point d’arrivée
D’un point à un autre
D’a0point en appoints je perds mon appui.

Ne pars pas, je reviens
Ne reviens pas je pars.

Propreté infime

Je me sens propre.
Pas complétement, juste un petit peu.

Je me sens propre.
Pas complétement, pour la première fois.

Je me sens propre.
Juste un petit peu, pour la première fois,
sur le haut du crâne
de la racine aux pointes,
je sens mes cheveux soyeux
lisses,
Je sens mes cheveux entre mes mains
lisses.
Je sens mes mains sur mes cheveux
lisses.

ça fait du bien.
C’est déjà bien
Juste un petit peu
C’est tellement bien

Juste un petit peu
C’est vraiment bien
Juste un petit peu
ça fait du  bien

Je me sens propre
ça fait du bien

Détournement de Mots

Tel un avion sans pilote
J’erre seul au gré du vent
L’hôtesse a oublié de m’apporter mon plateau.
elle m’a vu mais ne m’a pas regardé.

C’est normal, je suis comme un livre blanc,
fade, sans rien dedans.

Alors ça me prend.

A chaque décollage la boule monte en moi…
Avec l’altitude que l’avion prend…
Je me sens invincible.

Je fixe cette porte derrière laquelle je suis mal venu.

Je fixe la serrure verrouillée de l’intérieur.

Je vais passer à l’acte en âme et conscience.

Je me lève brusquement et me dirige d’un pas décid.

Grâce à trois mots bien placé,
Je convainc le steward de me laisser passer.

Alors le sésame bien gardé s’offre à moi.

Ainsi me voilà aux commandes
du premier appareil à contourner les phrases.

Me voilà à bord de l’avion détourné par
le premier soldat de terrorisme des mots…

J’ai détourné vos mots pour faire passer nos idées
Je suis le martyr poète d’une vie
Je me saigne au nom de la poésie
Pour nous, pour vous,
Je m’écrase au sol aux pieds de l’orgueil
Sans souffrances et en paix.

Je mène le combat
Je vous aime.
Les mots vous le rendront.

Papier Mâché

J’aime caresser le papier
le sentir vibrer, déambuler.

J’aime quand il crisse
sous le poids de ma plume.

J’aime quand il glisse
sous le poids de mes mots.

J’aime caresser le papier
le sentir tortiller, se froisser.

J’aime écouter quand il gémit
sous les coups de mes écrits.

J’aime écouter quand il hurle
sous la torture de ma plume.

J’aime caresser le papier
le sentir fuir est s’en aller.

J’aime quand il gèle
sous la froideur de ma plume

J’aime quand il brûle
sous l’ardeur de mes mots.

J’aime caresser le papier.